Abbaye de La Coudre - Divine Box

L’abbaye Notre-Dame de La Coudre est une abbaye trappiste française, fondée en 1859 et située à Laval, en Mayenne. Malgré son histoire plutôt récente dans le paysage monastique français, les soeurs n’en ont pas mois vécu quelques aventures. Leur histoire, leurs produits monastiques… On vous dit tout ce qu’il faut savoir sur l’abbaye de La Coudre, en avant !

J’achète les produits de l’abbaye de La Coudre

Abbaye de La Coudre

L’abbaye de La Coudre se trouve à Laval, en Mayenne – Divine Box

Dans Laval-é-oho 🏁

À la Révolution, beaucoup d’abbayes françaises sont obligées de quitter le territoire… Mais à partir de 1816, c’est le grand retour ! Dix moniales trappistines originaires de Darfled (en Westphalie) s’installent ainsi au prieuré Sainte-Catherine, près de Laval en Mayenne. Elles suivent alors les traces de leurs frères moines de Port-du-Salut, qui se sont installées juste avant à Entrammes, à côté de Laval. Bien vite en 1822, les soeurs ouvrent une école pour les jeunes filles pauvres de Laval. C’est le début du rayonnement !

 Pétronille de Chemillé recevant son bâton d'abbesse de Robert d'Arbrissel en 1115 Vitrail à Notre-Dame de Chemillé - Divine Box

Le prieuré Sainte-Catherine de Laval, au XIXe siècle, avant qu’il ne soit coupé en deux par une ligne de chemin de fer – Divine Box

Un train qui sort du train-train 🚂

Mais en 1855, un incident vient bouleverser la vie de la communauté : une ligne de chemin de fer va être construite au beau milieu de la propriété ! Les soeurs ne se laissent pourtant pas décourager et achètent plusieurs terrains au sud de la ville, la Grande et la Petite Coudre, pour y déménager. De grands travaux commencent alors en 1856 et hop, dès 1859 la nouvelle abbaye de la Coudre est prête ! Le 26 avril, les soeurs, silencieuses, traversent donc la ville en pleine nuit pour rejoindre leur nouvelle demeure…

Ce tableau représente les bords de la Mayenne, près d'Avesnières, où les soeurs de l'abbaye de La Coudre se sont installées au XIXe siècle

Ce tableau représente les bords de la Mayenne, près d’Avesnières, où les soeurs de l’abbaye de La Coudre se sont installées au XIXe siècle – Tableau de Jean-Baptiste Messager

Tout un fromage 🧀

La petite école des soeurs s’étant arrêtée en 1858, les soeurs doivent trouver une nouvelle activité… Par chance, les moines de l’abbaye du Port-du-Salut volent à leur secours ! Ceux-ci se sont en effet lancés dans la confection de fromages artisanaux, dont leur fromage phare, le “Port-Salut”, se vend comme des petits pains ! Avec leurs conseils et leur soutien, les trappistines de l’abbaye de La Coudre construisent donc leur propre fromagerie artisanale en 1868. Le fromage “Le Trappe de la Coudre” est alors fabriqué de A à Z par les soeurs !

Ce sont les moines de l'abbaye de Port-Salut sont ceux qui ont encouragé les soeurs de l'abbaye de La Coudre à se lancer dans la production de fromage

Ce sont les moines de l’abbaye de Port-Salut sont ceux qui ont encouragé les soeurs de l’abbaye de La Coudre à se lancer dans la production de fromage – Divine Box

La charité avant tout ! 🙏

Pour les soeurs de l’abbaye de La Coudre, l’accueil des pauvres et des nécessiteux est primordial. C’est donc tout naturellement que lors du conflit de 1870, l’abbaye décide d’ouvrir ses portes à plusieurs centaines de blessés. Rebelote pendant la Première Guerre mondiale, où les soeurs proposent à nouveau leurs grands bâtiments et soignent les soldats blessés au front ! En 1940, elles iront même prêter la moitié de leurs bâtiments aux séminaristes de Laval, le séminaire étant réquisitionné par les allemands. Chapeau bas !

Des poilus soignés par les soeurs se retrouvent pour discuter dans un des parcs de l'abbaye de La Coudre

Des poilus soignés par les soeurs se retrouvent pour discuter dans un des parcs de l’abbaye de La Coudre – Crédit Photo : Abbaye de La Coudre

Abbaye de La Coudre : au voleur ! 🕵️

Dans les années 80, un petit malin s’infiltre dans la fromagerie des soeurs et dérobe la recette de leur fromage. Il va ensuite changer le nom du fromage pour évoquer le savoir-faire monastique, le produire à l’échelle industrielle, et le distribuer tout près de l’abbaye ! Les ventes des soeurs chutent alors immédiatement… En 1995, les trappistines de l’abbaye de La Coudre sont donc obligées de sous-traiter leur production fromagère, pour se concentrer sur l’affinage, la meilleure partie. Aujourd’hui, le fromage dérobé passe toujours à la TV… Histoire folle, non ?

Depuis 1995, les soeurs de l'abbaye de La Coudre se concentrent uniquement sur l'étape la plus délicate de leur fromage : l'affinage

Depuis 1995, les soeurs de l’abbaye de La Coudre se concentrent uniquement sur l’étape la plus délicate de leur fromage : l’affinage – Crédits Photo : Samuel Bigot

Abbaye de La Coudre : et aujourd’hui ? ⛪

Aujourd’hui, les 45 soeurs de l’abbaye Notre-Dame de la Coudre suivent toujours la règle de saint Benoît “prière et travail”. Elles prient ainsi 8 fois par jour (premier office à 4h !) et assurent leur subsistance par le travail manuel. Elles se consacrent toujours à la partie la plus importante dans la création de leur fromage : son affinage dans les caves de l’abbaye. Et en plus des petites tâches quotidiennes (cuisine, ménage…), elles se sont aussi lancées dans le travail du cuir, et dans la confection de préparations pour entremets !

Une soeur de l'Abbaye Sainte-Marie de Boulaur avec les vaches laitières - Divine Box

Une soeur de l’abbaye de La Coudre prépare des entremets, aujourd’hui la source principale de revenus pour la communauté – Crédits Photo : Ouest-France

L’abbaye de La Coudre, c’est flan-tastique ! 🍮

C’est depuis 1974 que les soeurs de l’abbaye de La Coudre élaborent des préparations pour flans. Mais elles ont refait à neuf leur atelier en 2013 ! Aujourd’hui, c’est d’ailleurs leur principale source de revenus ! Elles fabriquent la poudre à partir d’ingrédients entièrement naturels, sans trace de vilains colorants ou conservateurs.

La production se fait par semaine : chaque semaine, les soeurs planchent sur un parfum différent. Et il ne faut pas se tromper, car il faut respecter un certain ordre en fonction des arômes et de la couleur du fruit ! Et oui, les soeurs ne laissent rien au hasard.

C’est sœur Laurence qui est en charge de toute la production depuis 1996. Elle se fait aider d’environ 10 à 15 sœurs, qui tournent tout au long de l’année dans l’atelier, pour la confection ou la mise en sachet. Côté production, elle compte aussi beaucoup sur l’aide précieuse de sœur Michelle.

Le parfum qui connaît le plus de succès est la vanille, mais elle comptent aussi beaucoup sur leur diversification, car beaucoup de parfum qu’elles proposent ne se trouvent pas dans le commerce !

Depuis peu, elles produisent également de la crème pâtissière. Elles la confectionnent dans une sorte de bétonnière alimentaire spécialement aménagée, utilisée initialement pour produire les flans. Mais elles ne la vendent que dans leur magasin, car elle est trop difficile à transporter ! Et oui, l’artisanat a un prix !

Et pour compenser la chute des ventes de fromage, les soeurs se sont aussi lancées dans la maroquinerie : portefeuilles, porte-chapelets, couvertures de livres… C’est notamment soeur Aurélie la responsable, elle qui faisait déjà les ceintures des soeurs. Des soeurs multi-tâches on vous dit !

Une soeur de l'abbaye de La Coudre nous présente ses préparations pour flans

Une soeur de l’abbaye de La Coudre nous présente ses préparations pour flans – Divine Box

Les fondations de l’abbaye de La Coudre ☀️

Forte de son rayonnement et de sa grande communauté, l’abbaye de la Coudre a pu fonder de nombreuses autres abbayes au cours de son histoire ! C’est ainsi elle qui est à l’origine de l’abbaye d’Ubexy (en 1841), puis de Clairefontaine (en 1845), mais aussi de Chambarand, de Belval (en 1893), de Campénéac (en 1953), d’Igny (en 1929), ou encore du Jassonneix (en 1981). L’abbaye enverra aussi plusieurs soeurs au Japon et au Cameroun ! Bref, beaucoup de belles histoires au compteur…

Les soeurs de l'abbaye de Belval préparent leur fromage, tradition héritée de l'abbaye de La Coudre, qui a fondé leur communauté