DIVINE BOX A LA RENCONTRE DE L’ABBAYE DE BRICQUEBEC

Cap ce mois-ci sur les trappistes de l’abbaye de Bricquebec près de Cherbourg ! Ils sont notamment réputés pour leurs délicieuses rillettes, terrines et autres pâtés que vous aurez le plaisir de savourer dans cette Divine Box. Pendant que vous découvrez les merveilles de notre box des monastères autour du thème de l’apéro, on vous raconte l’histoire de l’abbaye…

 Abbaye Notre-Dame-de-Grâce de Bricquebec - Divine Box

Abbaye de Bricquebec, vue depuis l’ancienne ferme.

Notre récit commence en 1823 quand le père Augustin Onfroy, ancien trappiste devenu curé, souhaite retrouver ses racines et fonder une nouvelle communauté monastique. Son évêque lui en donne la permission, mais à condition de la fonder dans ce même diocèse décimé par la Révolution… Le Père Onfroy accepte et se met donc à chercher des bâtiments à racheter. Mais sans aucun fonds, la solution vient finalement de manière inattendue. Un habitant de la région lui offre un terrain entier, contenant en plus trois moulins ! Démarrage sur les chapeaux de roues donc : en juillet 1824, il s’installe à Bricquebec et les recrues sont rapides. A la fin de l’année, douze postulants reçoivent ainsi l’habit monastique et sont à l’abbaye de Bricquebec (ou au monastère plus précisément à l’époque).

Père Onfroy - Abbaye Notre-Dame-de-Grâce de Bricquebec - Divine Box

Le père Onfroy, fondateur de l’abbaye de Bricquebec.

 

Les travaux peuvent alors commencer ! Mais les conditions sont difficiles pour les moines. En effet, ils n’ont aucun moyens financiers, aucune construction pré-existante sur laquelle se baser, et une main d’oeuvre très limitée pour la taille de l’ouvrage. Par ailleurs, le terrain offert est un immense marécage couvert de roches et de souches, et les nombreuses épidémies de l’époque font des ravages… Malgré tout, les travaux avancent. Trois moines de l’abbaye du Port-du-Salut (en Mayenne) viennent à la rescousse ! Ils rejoignent le père Onfroy et l’aident ainsi aux travaux et à l’instauration d’une véritable vie monastique sur place. Même les habitants de Bricquebec se joignent à l’effort !

Ensemble, ils défrichent alors le terrain, assèchent les marécages et posent les pierres de l’abbaye une par une. Les moines bâtissent même une source de revenus agricoles : ils construisent deux moulins supplémentaires (pour le pain), et exploitent une belle ferme. Poulets et porcs d’abord, mais surtout vaches laitières pour produire du fromage (la “Trappe de Bricquebec” connaît un rapide succès) et de la charcuterie. En octobre 1834, plusieurs bâtiments sont ainsi terminés et l’église est dédicacée. On y est, enfin ! L’abbaye de Bricquebec est là !

Abbaye Notre-Dame-de-Grâce de Bricquebec - ancien - Divine Box

Dessin de la « Trappe de Bricquebec » (abbaye de Bricquebec), au XIXe siècle.

Pourtant, les vingt années suivantes sont plus compliquées pour la communauté. Les premiers compagnons de l’abbaye de Bricquebec s’en vont, les postulants sont de moins en moins nombreux et la typhoïde emporte plusieurs moines. Par ailleurs, les finances sont dans le rouge, et un incendie en 1839 détruit une bonne partie des bâtiments. Triste sort, donc…

Mais comme à son habitude, la communauté de l’abbaye de Bricquebec tient bon ! Elle reprend du poil de la bête notamment sous l’abbatiat du successeur du Père Onfroy. Au début des années 1860, la communauté rayonne : 80 moines sont alors sur place ! Ils soignent ainsi les blessés des guerres des années 1870, construisent une grande ferme pour développer leur activité agricole, et établissent deux fondations au Japon. Finalement, à la fin du XIXe siècle, l’abbaye fait vivre plus de deux cent familles de la région !

La Première Guerre mondiale marque un tournant malheureusement décisif pour l’abbaye de Bricquebec. Les moines accueillent en effet plus de 700 soldats (au total) et les soignent, mais au détriment de l’activité agricole. Après la guerre, les revenus ont donc chuté et les difficultés financières sont grandes. Depuis cette époque, le nombre de moines à Bricquebec n’a cessé de diminuer. La Seconde Guerre mondiale, ses incarcérations et ses mobilisations au front n’arrangent pas la situation. L’occupation de l’abbaye par les allemands laisse finalement aux quelques moines restant sur place des conditions de vie exécrables. Ils sont jusqu’à 300 soldats sur place en 1943!

Cependant, la générosité des moines ne faillit pas ! Malgré des conditions encore précaires, ils n’hésitent pas à venir en aide aux autres communautés proches, dont les bâtiments ont été ravagés par les combats. Les distribuent aussi leurs maigres récoltes aux habitants dans le besoin. Un peu plus tard en 1961, face à la crise des laiteries, les moines sont ainsi contraints de vendre la fromagerie. Ils cèdent alors la marque de leur si célèbre “Trappe de Bricquebec”. Triste sort, donc, pour leur artisanat monastique

Bonne nouvelle quelques années plus tard, enfin ! En 1969, le père Marc, entré dans la communauté dix ans plus tôt, réussit alors à relancer l’activité agricole de l’abbaye, secteur pourtant délaissé par la plupart des abbayes à l’époque. L’idée de produire de la charcuterie et d’élever des porcs lui est ainsi “venue comme ça!” ! Au fond, elle reprend les premières activités agricoles de l’abbaye au début du XIXe siècle. A part la truie que ses parents avaient eu jadis, le Père Marc n’y connaissait d’ailleurs pas grand chose au début ! L’activité démarre avec une quarantaine de truies, se développe très vite et prospère jusqu’en 1997. A cette date, les moines de l’abbaye de Bricquebec préfèrent alors arrêter cet élevage qui prenait le pas sur leur vie de prière (jusqu’à 2500 porcs!).

Père Marc - Abbaye Notre-Dame-de-Grâce de Bricquebec - Divine Box

Le père Marc, de l’abbaye de Bricquebec, et sa charcuterie !

ET AUJOURD’HUI ?

« Les Charcuteries de la Trappe » font encore la renommée de l’abbaye de Bricquebec même si les moines n’interviennent pas physiquement dans la production. En revanche, le père Marc, malgré son âge, est encore responsable de la charcuterie. Il veille ainsi à sa pérennité économique et à la qualité des produits monastiques. Plus de 70000 pâtés sont produits par an, et une vingtaine d’employés y travaille quotidiennement, dégageant des revenus pour l’abbaye.

Lancée en 1998, leur spécialité s’appelle “Le pâté du père Marc” et possède la particularité d’être pas fait avec le porc entier ! Pour les non-initiés, dans le commerce traditionnel, le pâté est fait uniquement à base de poitrine de porc 😉

La communauté compte aujourd’hui 12 moines, et garde toujours un lien très étroit avec le Japon. L’abbaye de Bricquebec a ainsi aujourd’hui la charge de sept fondations de moines et moniales cisterciennes qu’elle soutient financièrement et spirituellement.

Abbaye Notre-Dame-de-Grâce de Bricquebec - Divine Box - 2

L’abbaye de Bricquebec, vue depuis l’entrée.

LES PETITES ANECDOTES

Le nom de l’abbaye de Bricquebec est d’origine scandinave ! Il vient en effet de Brekka : pente – colline, et Bekkr : ruisseau. Littéralement, cela se traduit donc par « le ruisseau au pied de la colline ».

Merci mille fois aux frères pour leur chaleureux accueil et pour nos chouettes discussions ! Que de belles histoires découvertes lors des échanges que nous avons pu avoir avec eux ! N’hésitez pas à venir directement chez eux pour leur rendre visite 😇

PS : Les moines de l’abbaye de Bricquebec sont des cisterciens… trappistes ! Ordre connu notamment pour ses fameuses bières trappistes. D’ailleurs, on vient de sortir une toute nouvelle box de bières trappistes. Chaque mois chez vous, recevez ainsi tout pour découvrir le monde fascinant de la bière trappiste : 6 bières trapistes, 3 sous-bocks trappistes, le « petit guide des bières trappistes » et un poster à gratter sur les bières trappistes ! N’hésitez donc pas à vous abonner pour découvrir le vrai goût de la bière, tout connaître sur ce monde fascinant, et soutenir les abbayes trappistes !

Abbaye de Bricquebec – Histoire, évolution et produits ! (par Divine Box)
Note moyenne : 4.7 (15 votes)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

EffacerPublier des commentaires